Y a des mots

Journal de voyage du chemin de Compostelle GR 65 (Via podiensis) Aventures et autres réflexions d'une mordue de la marche

jeudi 13 septembre 2012

Jour 3

Jour 3

Lundi, 30 avril

Il y a un rite de passage pour la plupart des pèlerins, catholiques ou non, c’est la messe à 7 heures du matin à la cathédrale le jour du départ. Ce matin là, je suis rapidement prête. Ce n’est pas le maquillage ou la coiffure qui est bien long héhé une queue de cheval, une débarbouillette dans le visage, un brossage de dent, c’est tout ou presque. Mon sac à dos est prêt de la vieille. Le plus long étant de remplir ma poche à eau car je dois la sortir et la rentrer en ayant vidé tout le sac. C’est un des défauts de mon Osprey 35 litres. Sa courbure qui le rend si confortable complique le positionnement de la poche à eau.

Dès que je suis prête je descend déjeuner pour voir une dernière fois nos amis hospitaliers (Clélia, Marie-Pierrette, Jeannine et Roland) et leur demander d’écrire un petit mot dans mon journal. Comme l’accueil est en « donativo » c’est à dire en participation libre et anonyme, je glisse mes sous discrètement dans le boîte.

L’heure avance et j’attends Danielle à la porte du gîte avec mon sac à dos. Nous arrivons en retard pour la cérémonie à la cathédrale. Une religieuse d’origine asiatique, en costume traditionnel des religieuses, voile, etc) avec une voix d’ange chante pendant la cérémonie. À la fin on nous invite à s’approcher pour récupérer une requête de prière (si on le veut bien) et recevoir la bénédiction. Je trouve ce rituel émouvant. L’idée de prier pour quelqu’un d’anonyme qui a écrit son besoin, sa douleur, sa tristesse ou son espérance comme on lance une bouteille à la mer me touche beaucoup et si je prend une requête ça me rend solidaire de cette personne. J’ai gardé précieusement ma requête et j’ai souvent pensé à cette personne.

Avant de quitter la cathédrale, je fais la file pour faire tamponner ma crédancial. Ne jamais oublier la crédancial ! lol  la crédential c’est le carnet de gommettes du pèlerin. Un tampon (à l’encre) différent pour chaque gîte et parfois même les restos et églises.


Nous sortons ensuite par la porte des tables sur le devant de l’église tout en haut des marches. Sylvie de Montréal nous quitte car elle prend le GR 65 officiel alors que nous nous désirons faire la variante par Bains, tel que suggéré par Jean-Marc Lucien. Sur le parvis un monsieur regarde une carte que je reconnais immédiatement, c’est la carte que j’ai aussi téléchargée sur webcompostola. Je l’aborde et lui demande s’il fait la variante. Marché conclut nous partons avec Bernadette et Jean Fayard qui marchent pour quelques jours. Ce sont des gens de la région et leurs enfants viennent justement les rejoindre à Bains pour marcher avec eux. Ce sont des personnes simples, sympathiques et d’une belle ouverture. C’est grâce à eux si nous trouvons notre chemin tout au long du jour car les indications sont un peu sommaires.


Première étape, l’église Saint-Joseph d’Espaly. Nous y rencontrons un de leurs amis qui travaille à cet endroit et grâce à cela nous visitons l’église et la grotte.


St-Joseph d'Espaly, la statue monumentale qui surplombe l'église

St-Joseph d'Espaly

Des allures médiévales

La variante par Bains se nomme en fait le Sentier St-François. Il est le tracé primitif, d’avant la création du tracé moderne (GR65). C’est très beau, bucolique, on monte à travers les champs, croisant vaches, chevaux, ruines lointaines, etc, mais… il ne faut pas le prendre quand il a plu beaucoup ! Or il a plu toute la nuit, et la nuit d’avant… et il pleuvra encore ce jour là. La raison est qu’il y a un petit ruisseau à traverser à gué car il n’y a pas de pont. Le ruisseau est maintenant un torrent de 2 mètres de large et plus et qui fait par endroit plus de 40 centimètres de profond !

Notre petit groupe (et moi derrière la caméra)

Le chemin paisible bordé de murets de pierre

Mes nouvelles amies

Les ruines au loin


Bon, il faut bien passer ! Je retire mes chaussures et mes bas, roule mes pantalons et je m’y engage la première. Mes chaussures en équilibre dans mes mains, je tente de planter mes bâtons pour tester la profondeur. C’est quand même froid et glissant. Je me fais un peu mal sur une roche et j’échappe une chaussure que je rattrape de justesse. Pendant que je traverse, j’entend Danielle qui me crie de me retourner pour prendre une photo alors que l’eau froide me frôle les cuisses...  madame Fayard passe, Gérald suit et échappe une bottine qui descend le courant. Heureusement la bottine ne se renverse pas et l’eau ne pénètre pas dedans. N’empêche que Gérald doit « courir » derrière pour l’attraper. De l’autre côté, je crie aux autres d’attacher leurs bottines ensemble et de les suspendre dans leur cou avec les bas dedans et de bien prendre appuis sur leurs bâtons car c’est glissant.

Voici le fameux passage du "ruisseau"(cette photo n'est pas de moi)


On passe tous sans autre problème, on se sèche un peu et on poursuit. On arrive ensuite à Bains sur une jolie place publique en pavé. Côté météo ça se gâte rapidement, la température chute, il commence à pleuvoir. On se cache un peu dans l’église de Bains pour manger notre repas léger, mais une église en pierre c’est humide et froid. Finalement vaut mieux repartir rapidement.

Arrivée à Bains

Vue du village et des pierres rouges (volcaniques surement qui le compose)


Par la suite le groupe s’étire et se défait. Chacun trouve son rythme et il est très difficile d’attendre quelqu’un. La grêle se met de la partie. Plus le sentier avance plus il est boueux. Dans le dernier tronçon nous traversons une forêt de grands arbres. Il fait gris et sombre. Je n'ai pris aucune photo. Le sentier s’élargit parfois sur près de deux mètres de boue. À la toute fin, il y a une longue descente qui me paraît bien abrupte et glissante. Les bâtons nous servent à ne pas déraper dans les roches. Dur-dur pour une initiation !

Une pèlerine au loin luttant contre le vent

Notre ami Gérald dans son puncho de pluie


Faÿ un village qui m'a fait une forte impression avec ces bâtiments massifs aux arrêtes rouges, il semblait perdu dans l'epasce.  Le GR 65 ne passait pas dedant mais devant.  J'aurais dû stisfaire ma curiosité et aller jeter un coup d'oeil.  Il y a deux gites qui y sont situéa, peut-être un jour que j'y ferai un arrêt ♥


L'état du sentier ouf !!! (cette photo n'est pas de moi)

Au sortir de la forêt, juste au pied de la descente, le village de St-Privat l’Allier apparaît soudainement et la première maison est le gîte de Jean-Marc Lucien et Marie Cousineau : Le Chemin du Bonheur. Wow ! la joie parce que je ne savais même pas où il se situait dans le village ! Reste à savoir s’il reste des places… C’est avec beaucoup de soulagement que Marie me dit qu’il reste 3 places : un lit double et un lit simple. Gérald prendra le lit simple et Danielle et moi le double.

Le problème c’est que Danielle est quelque par derrière. Gérald et moi décidons de prendre quelques minutes pour nous installer, découvrir les lieux et nous reposer, ensuite on verra.

Le Chemin de Bonheur est un bâtiment de 3 étages, collé sur la montagne. Au premier étage, ce sont les appartements privées de la famille qui compte encore un jeune adolescent et un superbe grand danois. C’est aussi là dans une sympathique salle à manger que sera pris le déjeuner et le souper.

Le deuxième étage est une grande pièce à aire ouverte, séparée par des rideaux. Il y a une section « entrée » avec des bancs, des tablettes, des crochets etc, une section pour s’isoler et prier, une grande section dortoir, avec des lits simples, doubles ou superposés, de belles grandes fenêtres avec des rebords et un beau gros poële à bois qui ronronnait bien fort lors de notre passage ♥, une section cuisinette avec évier, vaisselles, bouilloire, etc et un peu à l’écart, il y a deux douches modernes et deux toilettes avec lavabos.


Le gîte le chemin du bonheur

Une girouette de pèlerins ♥

Le tout baigne dans une atmosphère réconfortante de chalet et de vacances familiales. J’ai beaucoup aimé ce gîte familial en donativo. Depuis des mois je lisais les articles de monsieur Lucien et je le trouvais très intéressant. Ces gens là reçoivent chez-eux par amour de leurs prochains, chaque jour ils ouvrent les portes de leur intimité, chaque jour ils racontent leur histoire car chaque jour de nouveaux pèlerins séduits veulent la connaître, chaque jour il prépare deux repas pour des inconnus, etc. Ce sont des gens très engagés dans leur foi catholique. Bien que je ne sois pas catholique mais croyante, j’ai un grand respect pour ceux qui se donnent autant et qui irradie l’amour fraternel. Jean-Marc à mis de côté une carrière professionnelle intéressante, à ce que j’ai pu comprendre, après avoir fait son propre pèlerinage et avoir rencontré Marie. C’est ensemble qu’ils ont eu le projet de ce gîte familial. C’est beaucoup de travail, 6 jours sur 7 ! Il ne garde qu’une journée depuis cette année pour avoir du temps avec leur fils et la vie de famille. J’ai su par le net que Lucien avait entrepris de finir aussi le 3ième étage pour accueillir d’autres pèlerins. Cependant, j’ai aussi appris qu’il avait eu beaucoup de problèmes avec les commerçants qui opèrent des gîtes commerciaux au village et qui considéraient que Jean-Marc leur fait une concurrence déloyale et doit donc payer les taxes et permis commerciaux comme eux. Quelle drôle d’idée. Avec un accueil familial en donativo c’est vivre sur le fil chaque jour, c’est n’avoir aucune garantie de couvrir tes frais parce que les gens donnent secrètement ce qu’ils veulent selon leur budget et selon leur conscience…

Bon revenons au récit du jour, après s’être réchauffée et avoir grignoté un morceau, je prend mon courage a deux mains et je me dis qu’il va falloir retourner sur le sentier pour retrouver Danielle. Je suis inquiète pour elle. Il fait très sombre dehors et je ne sais pas si elle connaît le nom du gîte. Au moment ou je renfilais mon poncho de pluie encore froid et humide, la porte s’ouvre sur madame Fayard qui nous ramène une Danielle couverte de boue des pieds à la tête à cause d’une chute. Marie arrive au même moment et prend en charge Danielle qui ne peut même pas aller plus loin que le pas de la porte tellement elle est sale.

Rassurée sur le sort de Danielle, je décide d’aller faire quelques pas dans ce fabuleux village suspendu au dessus de la vallée de l’Allier (la rivière). L’église ressemble à un lieu fortifié médiévale et la place publique paraît s’avancer dans le vide. Très impressionnant ! Chaque soir avant le repas, Jean-Marc anime une petite cérémonie intime dans la vieille église avec des chants et des réflexions.
Vue sur l'église et les maisons de pierre




Pour souper ce soir là, nous avons une excellente salade de légumineuse, un spaghetti et un dessert. Le tout avec un petit verre de rouge. C’est excellent, l’atmosphère est bonne et nous avons même droit à la compagnie du grand danois qui aime la visite (heureusement pour lui).

Ainsi se termine ma première vraie et dure journée de pèlerine. Selon ce qu’on me dit la distance entre Puy-en-Velay et St-Privat-l’Allier par le chemin primitif (variante par Bains) serait de 20 km.

                                      Vue sur une route en lacet qui plonge dans la vallée





                                       La vallée de la rivière Allier perdue dans la brume




Publié par Éléonore à 11:57 1 commentaire:

samedi 8 septembre 2012

Jour 2



29 avril dimanche


Une belle journée s’annonce pour nous et l’humeur est très joyeuse. Nous avons eu l’occasion de faire plus ample connaissance avec les 4 hospitaliers (3 dames et un homme), qui sont des retraités membres d’une association de St-Jacques et qui viennent de la Haute-Savoie. Ils donnent deux semaines de leur temps. Les hospitaliers ont un appartement tout en haut du bâtiment. Je leur suis très reconnaissante de leur accueil j’avais vraiment besoin d’être réconfortée et d’avoir une deuxième nuit de repos.

Ça me fait penser que ça vaut la peine de d’écrire le gîte. En fait, c’est un très grand bâtiment ancien qui est partagé entre l’accueil St-Jacques et une école de musique. On y entre par une cour privé et si mes souvenirs sont bons, on y entre pour le gîte par une porte de côté et pour la musique par la porte principale à double battants. La salle d’accueil, qui est aussi la salle à manger avec le minuscule coin cuisinette est immédiatement à gauche. Devant nous un grand escalier monte et descend.

En France plusieurs lieux publics sont équipés de minuteries électriques et les lumières sont souvent éteintes si bien que vous pouvez souvent vous engagez dans des escaliers ou corridors sombres que vous connaissez peu. Il faut aussi se souvenir que l’on fera un arrêt différent tous les soirs ! À l’accueil St-Jacques la première fois que j’ai quitté ma chambre pour la salle à manger je suis descendue trop bas et là je me demandais bien où j’étais ! Surtout qu’en ouvrant une porte je suis tombée sur des pupitres d’enfant. C’est ensuite que j’ai appris que c’était une école de musique. Si cela n’avait pas été impoli je pense que j’aurai bien ouvert quelques portes par curiosité pour voir si je pouvais aller plus loin. Avoir des espaces communs et communicant est un principe qui nous est assez étranger à nous les Québécois qui pour la plupart habitons des bâtiments récents et bien séparées. Là bas, dans ces vieilles demeures les caves sont parfois communicantes et quelqu’un nous racontera qu’un de ces voisins ayant voulu abaisser son sous-sol aura causé l’affaissement de quelques centimètres de plusieurs bâtiments autour. Outch !

Pour se rendre aux dortoirs et aux salle de bain, il faut monter. La consigne est de laisser nos sacs à dos sur le grand palier et de prendre un grand panier pour y mettre ce dont nous aurons de besoin. Il y a plusieurs douches, toilettes et éviers communs et mixes. L’atmosphère est très familiale mais il faut quand même une certaine souplesse d’esprit. Les dortoirs forment un mini labyrinthe de pièces séparées par des portes ou des rideaux. Les lieux sont simples et dépouillés, mais les lits sont confortables et propres. Bien que je n’ai jamais pu m’habituer au traversin (oreiller rond) j’ai bien dormi quand même.

À cause des lois, dans la plupart des gîtes, les sorties seront indiquées avec une lumière rouge… et naturellement la lumière restera allumée toute la nuit (c’est le but). Disons que c’est un peu contrariant pour dormir, mais parfois utile.

Au premier matin je descends joyeusement déjeuner en bas dès que je suis prête. Le repas du matin est servi au gîte. Le déjeuner est simple (café, pain, confiture, jus) mais l’atmosphère est amicale. Nous sommes plusieurs Québécois tous venus à Lyon dans le même avion : Danielle, moi, Gérald, Sylvie de Montréal, Sylvie de Drummondville et deux autres dames qui prennent la route le matin même.


Munis d’un plan de la vieille ville nous décidons avec Gérald de partir à la découverte du Puy et des Ponots et Ponotes (ces habitants, du latin podium la forme de la ville sur le pic volcanique) D’abord la statue Notre-Dame de France sur le Rocher Corneille, qui est en restauration mais dont le point de vue vaut amplement le détour, puis la cathédrale (non on ne se perd pas lol), son beau cloître et le musée. Le jeune guide est vraiment très intéressant. Bon on s’entend que l’histoire c’est ma branche lol L’exposition de broderies religieuses est somptueuse. Bien contente de ma visite. J’ai pris plusieurs photos.

Le Rocher Corneille avec la statue de Notre-Dame de France en restauration


Cloître de La Cathédrale Notre-Dame du Puy.




Vue de la cathédrale par la montée du Rocher Corneille

La Chapelle Saint-Michel d'Aiguilhe



                                     
Les toits de tuiles

Ensuite on dîne en ville en récupérant Éric (qui avait couché à l’auberge de jeunesse) et les Sylvie au détour d’une rue. Il faut absolument goûter aux lentilles du Puy et la glace ou liqueur à la Verveine, les spécialités du coin. C’est excellent.

Dans l’après-midi on repart en direction de la chapelle Saint-Michel d'Aiguilhe perché tout en haut de son piton volcanique. c’est vertigineux ! Une grimpette de 265 marches mais c’est une visite mémorable, surtout avec le vent qu’il y a avait cette journée là ! Tout au long de la visite de la petite chapelle je me demanderai plusieurs fois comment ils ont fait pour la construire ? y a t-il eu des morts ? comment montait-on les matériaux ? La première construction remonterait à 969 !

La Chapelle Saint-Michel d'Aiguilhe


 

La Chapelle Saint-Michel d'Aiguilhe


 

La Chapelle Saint-Michel d'Aiguilhe


 

                                                    La Chapelle Saint-Michel d'Aiguilhe, un très beau saint George terrassant un dragon.


Au loin, le Sanctuaire Saint-Joseph d'Espaly


Dans la vieille ville on croise aussi deux boutique de broderie au fuseau une spécialité de la ville. On peut même admirer le travail d’une jeune fille. Ces doigts bougent à une vitesse folle. Elle doit suivre un petit patron qui repose sur un coussin sur ces genoux. Ça demande une grande dextérité !

Définitivement Puy-en-Velay est une jolie ville qui vaut le coup d’être visitée.

La cathédrale vue de la rue des Tables

La ville vue de la fenêtre de ma chambre.

Avant le repas du soir on fait un détour par l’épicerie : vin, salami et fromage. Je mange au gîte et le rire est de la partie avec les autres voyageurs. On retourne faire un petit tour au Pot du pèlerin et cette fois on nous fait visiter la cave aménagée en chapelle et on nous raconte un peu l’histoire des lieux. Ensuite on file se coucher, la nuit sera plus agitée et il y aura beaucoup de ronflement, c’est ça la vie du camino.







Publié par Éléonore à 00:23 2 commentaires:

vendredi 31 août 2012

JOUR 1 ET AVANT



(moi et mon chapeau avec l'écusson de l'association du Québec à Compostelle)

***Ce premier billet sera un peu long, ne vous découragez pas les autres seront plus courts lol***

Voilà je suis dans l’avion. Fatiguée mais soulagée que tout ce soit bien passé, bien enfin, presque tout… je vous raconte :

D’abord je dois dire qu’il y a 652 km entre Baie-Comeau et Montréal. Au mieux c’est donc une très longue balade de 8 heures 30 de trajet minimum. Au pire, c’est un trajet infernal avec un arrêt forcé au traversier de Tadoussac (qui peut être de 2 heures parfois), des énormes camions de transport de marchandise, des réparations sur la route, des bouchons à Québec ou à Montréal, etc.

26 avril Ma compagne de marche, Danielle, et moi, nous sommes donc parties vers 10 heures de Baie-Comeau. Nous avons fait un arrêt dans Charlevoix pour déposer ses deux chattes chez sa sœur qui les gardera pendant un mois. Le temps de manger une bouchée et nous voilà reparties. Il faisait beau et le ciel était bleu jusqu’à Québec. Après ça se gâte et il pleuvra jusqu’à Montréal. Le GPS nous mène bien à l’hôtel mais par une entrée arrière qui n’est pas évidente quand il fait noir et que nous sommes dans un quartier industriel. On tourne un peu autour du carré. Petite panique et manque d’écoute, la fatigue fait son œuvre. Quelques minutes plus tard on est dans notre chambre d’hôtel de l’Econolodge Côte-de-Liesse et ce n’est pas long que nous sommes prêtes pour le souper. On choisit le Score qui nous surprendra par la qualité du repas. On file ensuite se coucher.

27 avril À 3 heures du mat, dans la chambre d’à côté, des petites madames un peu trop joyeuses arrivent. Semble-t-il qu’elles s’envolent pour Cuba. En fait, elles sont pas mal déjà en l’air… L’insonorisation est nulle et on dirait qu’elles sont dans notre chambre, si bien que l’on peut suivre le conversation sans aucun problème. À 4 heures, elles se taisent enfin et je me rendors de peine et de misère. Vers 6 heures je me réveille. On gèle dans l’hôtel. Il neige dehors. Je perds mon temps sur l’ordi du hall de l’hôtel en attendant la navette qui nous mènera à l’aéroport Trudeau.

À l’aéroport, on fait « saucissonner » notre sac à dos dans le plastique pour 8$ et on récupère notre carte d’embarquement au guichet d’Air Transat. Quelle chance nous avons la rangée 25 et les sièges A et B, donc seulement deux sièges. Moi je suis aux anges, je vais avoir un hublot.
Dans la salle d’attente un monsieur m’aborde, c’est Gérald un pèlerin de Québec. Il a décidé de venir me parler grâce à mon écusson de l’Association du Québec à Compostelle cousu sur mon chapeau. C’est sympa de sa part.  Plus tard Gérald nous apprendra que nous sommes 7 pèlerins québécois dans l'avion qui nous amène à Lyon !!

Le voyage sera un peu agité, beaucoup de bébés dans l’avion, ça pleure souvent, il y a aussi un groupe scolaire assez joyeux, des turbulences, difficile de se rendre aux toilettes. Je ne ferme pas l’œil du voyage.

28 avril Hou la la ! quelle journée qui commence mal ! Mon inexpérience des voyages outre-mer m’a fait oublier de prendre en compte le décalage horaire. Mon amie Christiane la pèlerine qui a généreusement offert de venir nous chercher à l’aéroport de Lyon pour nous mener au Puy-en-Velay est donc venue le 27 selon mes consignes. Bien entendu nous n’étions pas là. Elle est revenue le 28. Je ne sais plus comment m’excuser. Elle est là malgré le retard de l’avion avec sa pancarte. Quel bel accueil ! Ça fait chaud au cœur de la voir.  Merci mille fois Christiane ♥

On fait connaissance en vitesse, on grimpe dans sa voiture et en route pour le Puy. C’est quand même un moment émouvant de faire connaissance en vrai avec elle, alors que depuis des mois que je dialogue avec elle sur son blog de pèlerine. Elle est très simple et sympathique. Je me sens immédiatement bien avec elle.

Christiane nous mène donc jusqu’au pied de la vielle ville médiévale de Puy-en-Velay. Elle doit garer sa voiture et nous indique une rue par où monter. Elle viendra nous rejoindre dans quelques minutes. Danielle et moi grimpons un peu à l’aveuglette dans les rues en pente raide. On devrait coucher une nuit au Séminaire de St-Georges, chez qui j’ai réservé une nuit par courriel mais qui n’ont jamais confirmé (en fait, je verrais qu’ils confirmeront 4 ou 5 jours après notre arrivée !!! ) On trouve la grille arrière du Séminaire, mais on ne comprend rien, il faut un code pour ouvrir la porte. Christiane arrive et on décide de faire le tour pour trouver la grille avant. Arrivé au bon endroit on peut pénétrer sur le terrain, mais pas dans le bâtiment qui est fermé en dehors d’une certaine plage horaire (c’est normal, les gîtes fonctionnent ainsi pour permettre aux hospitaliers de faire le ménage et autres tâches).

Christiane, qui est très généreuse, à tout prévu et elle nous a apporté des salades et toutes sortes de choses délicieuses. J’avoue que j’ai faim et soif ! Le seul problème est qu’il vente tellement qu’il est quasi impossible de faire un pique-nique sur les hauteurs de la ville. La poussière lève du sol, les couverts s’envolent, les cheveux se dressent en tout sens, etc. On mange quand même en se cachant dans un coin du mur du Séminaire lol

Finalement, l’heure arrive et on se rend de nouveau à l’entrée des pèlerins. J'entre seule car la réservation est à mon nom.  Il faut traverser 2-3 grandes salles pour aboutir pratiquement dans les cuisines ou on me guide dans une petite salle avec un registre. Quand je me nomme la dame ( une cuisinière ? ) se met en colère immédiatement : « On vous attendait hier, vous n’êtes pas venues, blablabla ! » Ha non ! combien de temps va me suivre cette erreur ? Je m’excuse et je me réexcuse en expliquant la situation les larmes aux yeux parce que la dame n’est vraiment pas délicate. Je demande piteusement si il y a possibilité d’avoir 2 lits pour ce soir. Non ! Impossible ! Ils sont complets point barre tant pis pour moi et on me laisse repartir, comme la coupable que je suis, seule vers la porte au travers des grandes salles sombres.

Plus tard, je me ferai la réflexion que malgré mon erreur, si je n’avais pas fait de réservation comme le veut le sens fondamental du pèlerinage, je n’aurai pas eu plus de place… et pourtant ne nous dit-on pas qu’on ne laisse pas de pèlerin à la rue surtout dans une institution religieuse de cette grosseur ??? Et si eux avaient rapidement répondu à mon courriel lorsque j’ai fait la réservation et non une semaine après j’aurai peut-être vu mon erreur…

C’est donc le cœur gros qu’on se dirige vers un autre gîte situé (heureusement) juste un peu plus haut : l’Accueil St-François. On y reçoit un bel accueil chaleureux et pour le peu que j’ai vu, les lieux semblent charmants (je le recommanderais sans crainte) malheureusement les places (peu nombreuses) sont prises. Cette fois cependant une sympathique hospitalière m’indique de me hâter de descendre à l’Accueil pèlerin de St-Jacques, un peu plus bas, rue de Polignac, qui ouvre à 15 heures et ou on devrait avoir des places. Allez hop on repart avec nos sacs à dos.

Dans la cour intérieur du 3ième gîte, Christiane prend son cellulaire et téléphone. Par les fenêtres aux volets clos on entend le téléphone sonner et la dame répondre, ce qui est assez comique. La dame comprend alors que nous sommes dans la cour. Bien que nous la dérangions pendant son heure de repas que son ton soit un peu sec, elle comprend notre situation et notre état d’esprit. Elle nous assure d’un lit pour la nuit et nous offre de laisser nos sacs à dos dans l’entrée. Cependant, il nous est impossible de rester dans le gîte avant 15 heures.

(Christiane et moi dans la cour de l’Accueil pèlerin de St-Jacques)

Je suis bien sûr soulagée, mais je suis aussi exténuée. Je ne peux plus mettre un pied devant l'autre. Christiane rassurée de notre sort doit nous quitter maintenant et refaire la route vers chez-elle.  Elle aimerait bien revenir faire un bout du camino avec nous.  Elle nous redonnera des nouvelles.

Il y a quelques petites chaises blanches de plastique dans la cour, je m'effondre sur une et je ferme les yeux. Visiblement Danielle aurait le goût de se promener un peu. Je l'encourage à y aller sans moi, il n'y a aucun danger. Elle fait un petit tour, revient et s'assoie avec moi. Finalement pour lui faire plaisir, je me lève et lui propose de visiter un peu la cathédrale.

(La Vierge Noire trésor de la cathédrale)

C'était sans compter sur les particularités de cette cathédrale construite sur un piton volcanique ! On pénètre dans la cathédrale s'en remarquer que la petite porte que l'on vient de franchir ressemble à un confessionnal vue de l'intérieur de l’église. On fait le tour et on tente de prendre quelques photos qui seront toutes moches parce qu'il fait sombre. C'est une belle église avec quelques trésors particuliers comme une Vierge Noire.

Après quelques temps on cherche la sortie... on ne trouve plus notre sortie! Non mais quand même on ne va pas se perdre dans une église ! Pas de panique on va sortir par la grande porte... mais voyez-vous la grande porte de cette cathédrale est située SOUS l'étage principale, parce que lorsque les bâtisseurs successifs ont agrandit la nef principale il ne restait plus de place sur le piton volcanique devant la cathédrale. Après avoir descendu quelques marches sur le côté de la nef on se retrouve dehors devant la grande arche par laquelle les pèlerins commencent leur voyage. Pour ma part je suis bien contente, on trouvera bien notre chemin vers le gîte. Danielle n'est pas d'accord, elle veut qu'on remonte et reparte par le même chemin. La tension monte d'un cran sous l’œil amusé d'un mendiant. On remonte et on recherche la porte latérale. Finalement c'est en voyant des touristes sortir par la fameuse porte qu'on comprend notre erreur! * (voir note à la fin)


(une des nombreuses ruelles en pavé que nous empruntons pour voyager entre le vieille ville et la partie plus récente en bas)


(le porche qui mène à la cour intérieur de notre gite.  La grande classe quand même !  Remarquez la coquille clouée sur la porte en signe de ralliement)

Au retour au gîte on fait connaissance avec les 3 hospitalières et l'hospitalier qui seront nos hôtes. Ils se sont un peu adoucis et en fait ce sont des anges. Après quelques consignes d'usage (comme de laisser notre sac à dos sur le palier et non dans la chambre... à cause des puces de lit) nous pouvons enfin nous rendre à notre lit et prendre une douche. Peu après Gérald arrive et je suis vraiment contente de le voir. Comme il a obtenu le droit de dormir deux nuits au gîte on nous donne le droit à nous aussi. C'est une mesure spéciale car normalement les pèlerins, touristes ou randonneurs ne peuvent pas dormir plus d'une nuit dans les véritables gîtes (encore là plusieurs gîtes payant ne refuseront pas de louer une chambre plus longtemps !) Je suis incroyablement soulagée ! Cela signifie que nous pourrons visiter la ville un peu et nous reposer du décalage horaire.

(vue de la salle à manger et du petit coin cuisinette du gite et une de nos charmantes hospitalières)

Un peu plus tard on se rend à l’épicerie sur la jolie place publique qui fait la jonction entre la vieille ville (en pente) et la ville plus récente. C'est donc pas facile de trouver un compromis qui fasse plaisir à tout le monde... On remonte avec des plats à mettre au four micro-onde, c'est simple et pas trop moche. Avec Gérald on se rend au Pot du pèlerin, un petit local sympa où les pèlerins sont accueillis avec un petit verre. Il fait beau et chaud, mais il y a un vent terrible !

La journée se termine avec ce qui sera notre rituel pour les prochains jours : lessive, journal de voyage, crème pour les pieds, lecture du guide de voyage, rangement du sac à dos, brossage de dents et gros dodo. Bonne nuit!


(vue du dortoir où nous dormirons deux nuits, propre, simple mais efficace)
(Mon lit à moi est près de la fenêtre.  J'aurais pu choisir les deux lits isolés par un paravent, je n'ai pas voulu.  Je voulais vivre l'expérience à fond.)

(petit gag pour alléger le propos parfois un peu lourd de ce premier jour, voici mon sourire du jour des WC canin ! )


* quelques notes à propos de la cathédrale Notre-Dame de l’Annonciation du Puy-en Velay tiré de

http://fr.wikipedia.org/wiki/Cath%C3%A9drale_Notre-Dame-de-l'Annonciation_du_Puy-en-Velay


Le chœur repose directement sur le rocher, mais pour agrandir la cathédrale aux XIe et XIIe siècles afin d’accueillir les pèlerins toujours plus nombreux, quatre travées supplémentaires ont été audacieusement construites sur le vide ; pour rattraper un dénivelé de 17 m, d’importants piliers soutiennent les hautes arcades.

[…]

La façade de la cathédrale se dresse au haut d'un grand escalier. Elle comporte cinq étages d'architecture en appareil polychrome avec décoration de pierres disposées comme une mosaïque, et provenant des carrières de la région. Certains ont voulu voir l'origine de cette ornementation mozarabe dans le nombre considérable d'Espagnols qui fréquenta, au Moyen Âge, le pèlerinage à la Vierge noire. D'autres l'attribuent à l'influence des Croisés.

Avec ses arcs en plein cintre, cette façade appartient au style roman et peut être datée de la fin du XIIe siècle.

Un escalier de 102 marches, qui se continue sous le porche, débouche sous la nef. Cet escalier occupe toute la largeur de l'édifice durant les deux premières travées, puis se rétrécit pour ne plus avoir que celle de la nef principale pendant les deux travées suivantes, contre les murs desquelles ont été placées les portes en bois sculpté qui se trouvaient autrefois sur la façade.

Cette curieuse disposition s'explique par la déclivité du terrain et le manque de place. En raison des foules attirées au XIIIe siècle par le pèlerinage, il fallut agrandir l'église. Comme il n'y avait plus de place sur le rocher, les architectes décidèrent de construire en quelque sorte dans le vide, pour supporter les nouvelles troisième et quatrième travées.

L'escalier aboutit à la porte Dorée. Derrière celle-ci, dix-sept marches conduisent au centre de la nef. On aboutit entre les deux piliers devant lesquels ont été placées les statues de Saint-Louis et de Jeanne d'Arc, exactement en face du maître-autel. Ce qui a permis à un religieux de dire que « l'on entre dans l'église par le nombril et que l'on en sort par les deux oreilles. »









Publié par Éléonore à 10:16 4 commentaires:

jeudi 30 août 2012

Écrire son journal de voyage



Lorsqu’on fait un grand voyage, grand dans le sens d’important pour soi-même et non dans le sens de distance ou d’argent, il est fréquent qu’on ressente le goût et même l’urgence d’écrire son journal de voyage. Beaucoup de pèlerins le font. Ça fait parti du rituel de l’après-midi ou du soir. Après la douche et la lessive, avant ou après le souper, chacun l’insère ou bon lui semble, mais bien peu y manque.

Écrire son journal de voyage, le raconter à monsieur-madame-tout-le-monde ou à sa famille, discuter des émotions ressenties pendant celui-ci, en publier le récit dans le journal, dans un livre ou sur un blog, etc, sont tous des gestes qui relèvent des mêmes besoins : de graver les moments précieux, de partager des expériences hors du quotidien, d’analyser et de comprendre son vécu ou ses émotions et de faire en sorte que ce soit profitable à d’autres personnes.

Cependant, il y a toute une gradation dans le niveau d’intimité que l’on désire partager. Ce que je peux partager avec mon seul moi-même, avec mon conjoint ou ma meilleure amie est certes différent de ce que je veux et peux partager avec la coiffeuse ou 100 000 lecteurs anonymes d’un blog (hahaha si j’ai 10 lecteurs je vais être contente).

Les questions avec lesquelles je jonglerai tout le long de ce récit seront donc : Où tracerais-je la frontière qui respectera l’honnête et la profondeur de ma démarche tout en ne devenant pas un règlement de compte ou un manque de délicatesse ? Comment écrire un récit qui soit honnête, émotif, vivant, réaliste sans blesser personne ? Et, à l’autre extrême, comment ne pas écrire un récit dilué ou fade qui sera parfaitement « correct » mais qui laissera faussement croire que tout le monde est fin tout le temps et que le pèlerinage est toujours agréable, sensationnel, émouvant, transcendant, etc ?

Personnellement, j’ai énormément lu et vu sur les pèlerinages avant de partir. Partout on me parlait des paysages et de la beauté architecturale. Pourtant, ce sont là les détails les moins importants AVANT de partir. Ce que moi je voulais savoir était beaucoup plus simple et fondamental : Où vais-je dormir ? Qu’est-ce que je vais manger ? Où vais-je faire pipi ? Vais-je trouver cela difficile mentalement et physiquement ? Très difficile ? Vais-je être bien accueilli ? Vais-je me sentir seule ?

C’est pourquoi mon récit sera émaillé de détails et de photos qui sembleront à certain totalement sans intérêt, mais pour les futurs pèlerins et randonneurs qui pourraient le lire seront importants.



Et puis, il sera le récit d’une vraie fille, avec des vrais sentiments, des vraies peurs, des vrais bobos, des vraies impatiences, déceptions, tristesses, joies, etc etc etc.

Publié par Éléonore à 11:44 4 commentaires:

jeudi 31 mai 2012

De retour

Bonjour bonjour,

hé oui je suis de retour en terre québécoise depuis le 27.  Mais je suis pas mal "au neutre".
J'ai beaucoup beaucoup de choses à dire mais peu envie de bouger.
Finalement tout le contraire du pélerinage ou parfois on parle peu mais bouge beaucoup.
Je rattrappe donc mon retard facebook avec la famille et les amis/ies et parle tout plein au téléphone lol
Mais je n'oublies pas pour autant ce blog que je compte rediriger plus vers une chronique voyage et photo.

Voici un premier bilan de mon pélerinage sur la via Podiensis (Voie du Puy) ou GR65 du 27 avril au 27 mai 2012

Je retiens tellement de belles choses: l'amitié, la compréhension, la sollicitude et la complicité entre pélerins au-dela des nationalités, de la richesse et de la langue, l'amour, la générosité incroyable et l'accueil dans certains gites, la beauté de certaines églises même en ruine et des villages tout en pierre, le paysage qui changent continuellement en descendant du nord au sud, la surprise de tomber sur un petit village inattendu, la joie d'un simple café, les fous-rire autour d'une blague, la profondeur d'une prière ou d'une réflexion quand tu marches seule depuis des heures, la paix et la plénitude quand il fait doux et que le chemin est facile, l'endurance et la persévérence quand le temps est trop froid ou trop chaud ou le sentier trop dur, la fierté de la journée accompli, la bonne nourriture et le vin, etc.

Je suis encore fascinée par la diversité des gites dans lesquels je suis passée et la facilité avec laquelle je me suis adaptée.

Bien sûr, il y aussi des aspects moins facile quand même: le chemin a été très dur pour nous en cette année de pluie, de boue et de froid record. Des pieds mouillés, des ampoules, des genoux qui lachent dans les descentes rendues glissantes comme des glissades par la boue, la morosité, les gites ou l'on dort mal à cause du froid et de l'humidité, les contraintes dûes aux précautions à cause des puces de lit (nous n'en avons vu aucune d'ailleurs), les tensions parfois qui minent l'ambiance, etc. Dans mon cas, la douleur a aussi été très présente aux niveaux des articulations hanche et genou et j'ai assez mal dormi la plupart du temps (sauf les 3 premières heures de sommeil qui étaient toujours très réparatrices).

J'ai appris beaqucoup sur moi et je suis assez fière de ce que j'ai accompli. Je n'ai pas fait le calcul encore, mais probablement plus que 600 kilomètres en 25 jours, 28 ou 29 lits différents en 31 jours...

Et des tonnes d'anecdotes lol faudra que je vous conte l'aventure de la chasseuse de top. lololllllllllll

(désolé pour les fautes j'ai beaucoup de difficulté avec la nouvelle version de l'éditeur de texte blogger)


Publié par Éléonore à 12:57 11 commentaires:
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Il est parfois plus difficile de vivre l'après un rêve que de la désirer.
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