samedi 16 avril 2011

Des ailes pour Compost'aile

Cette semaine, quelques problèmes de santé m'ont coupé les ailes et cloué lamentablement au sol, comme comme si, tout-à-coup, mon sac-à-dos de pèlerin était plein de gros cailloux lourds et encombrants.

 Malheureusement, je me suis prise à douter de moi, de mes forces, de ma santé.  Moi qui me plaît à répéter que j'ai une santé de fer et que j'attrape bien peu de ces fameux "maux qui courent", je vais peut-être devoir réviser ma position.  La fameuse prémémopause qui devait m'apporter des bouffées de chaleur me donne plutôt froid dans le dos: je suis menstruée depuis 3 mois presque sans relâche !  Pour une personne qui a tendance à faire de l'anémie ce n'est pas la joie.  De plus, j'ai fait deux infections urinaires en 6 mois et mon système intestinal semble se montrer de plus en plus irritable et imprévisible.

C'est pas que j'ai vraiment envie de faire l'étalage de mes petits bobos, mais ça m'amène quand même à me poser LA question: et si je tombais malade sur le camino (chemin) de Compostelle ?  Seule, en terre étrangère, ne parlant pas la langue...

Je déteste cette insidieuse infiltration du doute.  Sûrement que le fait de ne pas savoir ce qui arrive dans ces cas là aggrave mon malaise (quand même ça doit arriver chaque année que des pèlerins soient malades non ?)  J'imagine que plus je vais approfondir mes connaissances sur le pèlerinage et plus je vais être rassurée.  Enfin, j'espère.

Et puis, j'ai si peu d'expérience avec les aéroports, les douanes, les avions, les gares, etc.  Je l'avoue ça me fout la trouille.  Ce n'est pas de marcher 800 km moi qui me fait peur, ni les ampoules, ni les crampes, ni le silence, ni les couleuvres, ni la nourriture étrangère.  Chacun ces peurs finalement.  On combat tous ses propres démons.  Il me faudrait l'expérience de voyage de Femme Libre :)  Tient, une petite marche de 800 km de Arles à la frontière de l'Espagne ou bien de St-Jean-Pied-de-Port à Santiago lui tenterait peut-être ?

Heureusement, ma semaine a, par ailleurs, été hautement positive, mes photos sont suspendues à la boutique qui héberge mon exposition et le vernissage a lieu lundi.  L'exposition coïncide avec les 4 ans de la boutique, la fête va durer toute la journée et beaucoup de gens sont attendus.

Pour la première fois de ma vie, je me suis bâtie un vrai porte-folio en faisant imprimer plus de 40 photos 7 par 10 et en y ajoutant les anciennes.  Il est beau mon porte-folio.  J'ai bien vue que la propriétaire de la boutique était agréablement surprise.  Elle a même demandé l'autorisation pour utiliser une des mes photos.

Et puis quoi encore ?  plein de bonnes nouvelles :)  Je suis officiellement membre l'Association québécoise des pèlerins et amis du Chemin de Saint-Jacques.  J'étais toute émue en contemplant ma carte de membres :)  Je suis aussi inscrite au 10 km marche du demi marathon de Québec qui se déroulera bientôt.

J'ai également pris contact avec Sylvie Cimon Beaudet qui semble être une spécialiste du pèlerinage et qui a écrit 2 livres sur ses expériences sur le camino.  Une dame énergique et sympathique qui offre gratuitement son petit livre "Un chemin ...qui mène à Compostelle".   Ça se lit tout seul en 1 heure.

Et aujourd'hui, j'ai commencé à lire le livre d'André Raymond, une nouvelle parution, qui porte le tire de "Compostelle, le chemin de la sérénité".  Avec son vocabulaire fleurit, mais parfois un peu lourd, l'auteur a le mérite de nous faire sourire tout en nous parlant des joies ET des difficultés de la route.

Je ne sais pas pour vous, mais moi les préparatifs de voyage ça me donne des ailes.  Même si ce voyage n'a lieu que dans un an, ou même deux, de le faire vivre dans ma tête, dans mes yeux, dans mes doigts en tournant les pages d'un livre, ça me rend heureuse, c'est comme des fiançailles ♥

Vous ai-je dit que j'ai un ami qui présentement, à l'heure même ou j'écris ces lignes, lasse ses bottines, enfile sa veste et son sac-à-dos et commence une autre journée de marche sur le camino quelque part en Espagne et que chaque jour il arrête dans un café internet et nous met des photos de sa journée (photo prises avec la caméra qu'il a acheté sur mes conseils lol) ?  Je bénis internet plus que jamais dans ces moments là :)

Ha ça me donne des ailes tout ça :)))  Et pour rester sur le thème des ailes une petite photo, que je trouve magique.  Elle a été prise samedi à Québec, alors que j'avais justement des ailes à mes chaussures.

Les ailes d'un ange

mardi 29 mars 2011

3 petits cochons noirs et un gros rose... histoire surprenante du génocide du porc haïtien

Tu me les casses !

Il y a quelques mois, après le terrible tremblement de terre qui ravagea Haïti, j’avais écrit quelques billets sur l’histoire de ce peuple. Billets que vous pouvez lire ici:
- http://yadesmots.blogspot.com/2010/02/comprendre-haiti-avant-de-loublier.html
- http://yadesmots.blogspot.com/2010/02/comprendre-haiti-pour-ne-pas-loublier.html
-http://yadesmots.blogspot.com/2010/02/comprendre-haiti-pour-ne-pas-loublier_24.html
- http://yadesmots.blogspot.com/2010/03/comprendre-haiti-resume.html

J’étais alors sidérée de ce que je pouvais lire sur la supposée paresse des Haïtiens et autres jugements méprisants et superficiels. Je n’avais pas une connaissance approfondie du sujet mais je soupçonnais que le peuple haïtien ne devait pas porter seul le fardeau du marasme et de la pauvreté et dans lesquelles il s’enfonçait.

Je m’étais alors lancé à corps perdu dans la lecture et, plus je lisais, plus mes soupçons devenaient certitudes. Si bien qu’aujourd’hui, voici ce que j’en dis : « Au banquet haïtien, après que les grandes puissances eurent mangé tout leur soûl et laissé derrière eux une table vide et sale, alors que les valets se remplissent les poches à leur tour, suivant en cela leur exemple, les grandes puissance se retournent et s’exclament après que le tremblement de terre eu jeté la table par terre: Ah ! Mais qu’ils sont donc mal organisés, corrompus et paresseux ces Haïtiens, il faut tout leur montrer ! »

De toutes mes lectures, plus affligeantes les unes que les autres, un épisode récent m’a plus particulièrement touché, sans doute à cause de l’analogie homme noir/homme blanc qui s'en dégage et parce qu’il représente parfaitement le pouvoir des nations extérieures sur le destin du peuple haïtien. C'est celui de l’éradication de la race porcine haïtienne.

Je crois qu'il est toujours d'actualité de faire connaître cet épisode alors qu'encore la semaine passé j'entendais quelqu'un dire que le peuple japonais était donc ben mieux que les Haïtiens pour se relever avec dignitié et efficacité de leur tremblement de terre (sic) !!!

Je vais laisser Jean Métellus, écrivain haïtien, vous raconter en ces propres mots ce que j’ai appelé l’histoire des 3 petits cochons noirs et du gros cochon rose :

« En 1978 apparaît en Haïti la peste porcine africaine (PPA). Aussitôt est mis en route le plan d’éradication de cette maladie par l’abattage du cheptel : la quasi totalité des porcs haïtiens, réputés pour leur robustesse, leur adaptation au climat et leur peu d’exigence alimentaire, a été tué. On estime de 1.2 à 1.9 millions le nombres de porcs disparus.

C’est entre 1981 et 1983 que PEPPADEP (plan d’éradication de la peste porcine africaine et du développement de l’élevage porcin ) a été mis en application. Les conditions d’exécution de ces porcs ont été quasi arbitraires. On peut lire dans certaines sources que "l’abattage semble avoir été décidé sans étude sérieuse et ses fondements scientifiques paraissent fort discutables ! Une région a été déclarée atteinte à 100% sur la basse de 4 animaux testés. Une autre région reconnue indemne à 100% devint quelques jours plus tard « globalement contaminée » une fois prise la décision d’abattage".

«En réalité, cette opération organisée par les USA, le Canada et le Mexique avec l’appuis financier des éleveurs nord-américains avait été conçue pour protéger le continent américain d’une ÉVENTUELLE CONTAMINATION par un foyer décelé en Haïti. Aucune mesure n’a été prise pour sauver cette race de l’abattage systématique. Pour compenser les pertes subies par les paysans (qui avaient souvent été forcé par les tontons macoutes de vendre leur cochon à rabais) on a versé 23 millions de dollars au PEPPADEP et sur cette somme 7.5 millions ont été attribués aux paysans alors qu’on estime à 60 millions de dollars la valeur du cheptel abattu. »

Voilà qui déjà est affligeant, mais Métellus poursuit son récit : « Pour essayer de repeupler le pays en porcs, il faudrait importer de nouvelles races RUSTIQUES, peu fragiles, susceptibles de répondre à certaines exigences de précocité, de prolificité, de satisfaire aux habitudes alimentaires haïtiennes. On retrouves ces races dans l’Asie du Sud-est, en Europe du sud, en Chine, aux Antilles. Le porc jamaïcain semble remplir les critères, tout comme la race créole de Guadeloupe. Mais ces solutions ne semblent pas convenir aux autorités américaines et haïtiennes. Ces instances veulent plutôt un type d’élevage le plus contrôlable possible et récuse donc l’élevage paysan privé, familial, individuel, vital tel que pratiqué avant 1980. Car c’est le porc qui représentait l’épargne du paysan et qu’on vendait pour acheter les médicament et les semences, pour faire face aux besoins d’un mariage, du matériel scolaire et c’est le porc qui consommait les fruits et les céréales avariés, la surproduction de mangues, d’avocats et d’arbres à pain, les résidus de culture, les épluchures, les sons et chaumes, il freinait ainsi la pullulation des rongeurs.

Les races de porcs proposées par les autorités ne correspondent pas du tout aux besoins et situation économique de ce pays. Les porcs de variété européenne et nord-américaine doivent être élevé dans des porcheries industrielles, nourries avec des aliments concentrés, entourées de soins vétérinaires, autant de conditions que le paysan ne peut assurer. CETTE RACE EST DESTINÉE AUX RICHES.

On ne peut manquer de trouver une certaines ironie à cette situation qui oblige le paysan noir à élever un cochon rose sous un véritable toit alors que lui-même n’en dispose pas vraiment.

Les conséquences de la disparition des porcs locaux se sont vite fait sentir. Des religieux ont témoigné des graves problèmes alimentaires qui ont suivi la destruction du cheptel, ayant des conséquences désastreuses comme la chute de 50% de la fréquentation scolaire dans la zone la plus touchée. Le plat national, le griot, a totalement disparu de la table familiale. »

-Jean Métellus « Haïti une nation pathétique » Éd. Maisonneuve et Larose » 2003

Il serait toujours possible d’imaginer que Métellus est de mauvaise foi, qu'il exagère, mais quand les témoignages se multiplient, il faut ouvrir les yeux. On peut lire ailleurs « L'impact alla même plus loin que la perte d'argent ou de protéines. Les fermiers ne savaient plus que faire des mangues qui servaient à nourrir les porcs; à la recherche d'argent, ils vendirent leurs manguiers pour en faire du charbon de bois, participant ainsi au phénomène de déforestation de l'île déjà bien avancé. De plus, ils remplacèrent leurs cochons par des chèvres qui, en mangeant les arbustes, accélérèrent encore le processus. » http://www.pyepimanla.com/decembre-2008/articles/haiti-le-retour-du-cochon.html

Dans une autre source on peut lire également ceci « De plus, pour les célébrations vaudou, le cochon noir est essentiel: son sacrifice scelle les contrats » et encore ceci « (à l’époque) Les spécialistes ne préconisent nullement l’abattage systématique. Ils conseillent d’isoler les troupeaux atteints et, à la limite, d’abattre uniquement ces bêtes. » Mais les Américains sont arrivés à persuader les autorités haïtienne qui fallaient tout abattre. « De plus, l’abattage a été conduit de façon très brutale par les autorités, désireuses d’empocher la prime offerte par les Américains pour chaque cochon éliminé et sans verser son dû au propriétaire.

http://www.pyepimanla.com/decembre-2008/articles/haiti-le-retour-du-cochon.html

Dans « Haïti, économie politique de la corruption » Tome IV. Éd. Maisonneuve et Larose, 2007, Leslie Péan écrit: « À côté des tontons macoutes, les bénéficiaires de l’abattage des cochons créoles, sont ESSENTIELLEMENT, les firmes américaines et les consultants américains qui ont sillonné le pays pendant deux ans pour ensuite empocher de beaux salaires » « L’importation de porc de race « améliorée » (lire une race américaine mésadaptée) se révélera un échec car le coût de l’alimentation de l’animal dépassait souvent son coût de vente… On peut comprendre que les paysans les avaient désignés sous le nom de « prince à 4 pattes ». Leur coût d’entretien était plus élevé que celui du paysan lui-même ! »

Péan poursuit « C’est sous la menace de Washington d’enlever tous les visa aux Haïtiens que le gouvernement haïtien avait du céder aux injonctions lui demandant de sacrifier son cheptel porcin. » N’est-ce pas que ça sent l’abus de pouvoir à plein nez ? Mais de quoi avait donc peur les Américains ? Simplement que la peste porcine se répande en Amérique parce que les races d’élevage intensive, cochons, dinde, poule, vache, sont faibles et vulnérables, pour les protéger on doit sans cesse les gaver d’antibiotique (la joie pour nous…) Alors entre sacrifier les biens des Américains (dans les sens d’habitants des Amériques) et sacrifier les biens des Haïtiens le choix est facile.

Mais, est-ce bien vrai que la race du cochon créole était si affectée par la PAA ? Certains disent qu’un million de cochons était déjà mort de la maladie avant l’abattage, certains contestent ces chiffres et avancent plutôt que le rétrécissement des petites propriétés familiales avait réduit l’alimentation du cochon d’ou son faible taux de reproduction et la diminution du cheptel. On se doute que les Américains n’avaient pas du avoir de scrupules à mettre les risques de la pandémie au maximum (pour se protéger). Avec ce qu’on sait aujourd’hui sur le ridicule des évaluations de risque de pandémie ! Ne sommes nous pas tous déjà morts de la grippe aviaire ou porcine, de la maladie de Lime ou du SRAS ?

« La pauvreté en Haïti est considérée comme un caprice de l’histoire ou lié à la culture, alors qu’en réalité, elle est la conséquence directe d’une relation brutale avec le monde extérieur – notamment les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne (ajoutons le Canada et le Mexique) – qui dure depuis des siècles. » Seumas Milne

Voilà tout est dit...

jeudi 24 février 2011

Quand on a un rêve




Avoir des rêves, des buts, des objectifs, donnez leur le nom que vous voulez, est essentiel à l'être humain. Ils nous permettent de nous propulser dans le futur, ils nous conditionnent, nous motivent. Mais pour réaliser ses rêves, il faut aussi avoir les deux pieds solidement ancrés dans le présent. Les rêves de demain se bâtissent aujourd'hui.


J'aime que le parfum de mes rêves me monte à la tête, qu'il me berce et m'endorme. J'aime que mes rêves n'habitent longtemps à l'avance, qu'ils prennent vie sous mes yeux et se matérialisent de jour en jour comme de longues et délicieuses fiançailles.


J'ai rêvé de la France pendant des années avant de me donner le droit à moi-même d'y aller et encore il a fallu que fiston y soit pour que je remue ciel et terre pour m'y rendre. Quand le signal fut donner dans ma tête, alors mon rêve m'a habité à 100%. Ce temps de préparatifs, de lecture, de visionnement, de prises de notes, etc, fut presqu'aussi délicieux que le voyage en lui-même. De même, j'ai espéré ma caméra réflexe pendant des mois, soupesant le pour le contre des différentes options, lisant des forums, des blogs, etc, avant de l'acheter.


Si je vous parle de cela aujourd'hui, c'est que depuis quelques mois un nouveau rêve c'est imposé à moi. Je dis imposé délibérément. car il y a trop d'évidences que cela est pour moi. La marche (le seul sport que je pratique et qui me comble), le côté historique, l'aspect contemplatif, le culturel, le culinaire, etc


Je vous en ai déjà parlé, mais là je veux que cela prenne pied dans le concret.

Je veux faire le pèlerinage vers St-Jacques de Compostelle !

Je vais faire le pèlerinage vers St-Jacques de Compostelle !


Et je le veux tellement qu'à partir de maintenant je vais faire comme si je me préparais.

Je vais me trouver un bidule quelconque qui me permettra de calculer mon kilométrage de marche pour vous l'indiquer sur le blog, ainsi vous serez avec moi dans mon entrainement.

Cette semaine un ami est venu à la maison. J'ose à peine l'appeler un ami, on se connaît si peu, mais le potentiel est là. Cet ami avait besoin de moi pour lui apprendre les rudiments de sa caméra. J'étais heureuse de partager mes connaissances, mais cet ami avait quelque chose de bien spécial à mes yeux... pour ses 50 ans il se faisait le cadeau de faire le chemin du pèlerin !


Il m'apporta le vidéo de Marcel Leboeuf sur le pèlerinage et depuis je l'ai regardé deux fois. De même, je me suis achetée un livre sur le pèlerinage car je veux m'imprégner de ces images.

Aujourd'hui dans un magasin de vêtements de sport, je me suis informée sur les meilleurs bas (ou combinaison de bas) pour la longue distance et avant hier j'ai marché avec une bonne charge dans mon sac à dos. Je vous le dit je veux que cela soit concret.

Conclusion, je ne sais pas quand je vais faire le pèlerinage vers St-Jacques de Compostelle, ni quelle portion du trajet je vais faire, ni avec qui, mais je vais le faire. Pour mes 50 ans (ça nous laisse quelques années de jeu) ça serait un beau cadeau, une belle réalisation et une manière fantastique d'aborder la deuxième partie de ma vie sur une note positive et stimulante. Je vais assez en parler autour de moi que mes proches auront pas le choix il va falloir qu'ils m'achète mon billet d'avion pour avoir la paix :)))
--------
PS Afin que vous puissez me suivre dans mes pérégrinations, j'ai ajouté une section à droite de ce blog où je vais ajouter mes kilomètres et autres démarches.
Merci de me suivre :)





vendredi 23 juillet 2010

Bonnes vacances à tous xxx

Vallée de la Matapédia  Bonnes vacances à tous xxx

Ça y est je pars demain matin pour 5 à 7 jours à Québec. J'aime tellement Québec. Je vais peut-être croiser Zoreilles et Crocodile Dundee, qui sait.

Les baggages sont faits, le frigo est plein, les vêtements sont tous propres, les 3 coucous devraient survivre. Le seul qui va s'ennuyer c'est mon chien, lui il ne comprend pas, alors il cesse de manger, mais une semaine c'est pas si long non plus.

N'oubliez pas défifoto le 1er aout ! Le thème c'est la pause et justement mon blog sera en pause :)

Bonnes vacances à tous xxx

samedi 24 avril 2010

Voyager comment ?

Reprendre la route...   on the road again...

Lisant une revue de voyage, dans un terminus, je suis tombée sur un questionnaire qui nous demandait comment nous aimions voyager: Seul, en couple, en famille (avec enfant), en groupe d'amis, en groupe organisé, etc ?

Excellente question, je me l'a suis posée moi aussi. J'ai voyagé beaucoup en famille, trainant sac de couches et petits hochets: Québec, Nouveau-Brunswick, Ile du Prince-Edouard, États-Unis. Pendant un temps, ce fut le compromis que nous avions trouvé pour passer du temps en famille et faire découvrir le monde à nos 3 enfants. Aujourd'hui, c'est la plupart du temps décevant, chacun tire la couverte de son côté et finalement les frustrations sont de plus en plus grandes.

En couple, quand on met carte sur table et qu'on se connait bien, c'est intéressant. On peut discutter de nos trouvailles et de nos émois. Parfois aussi, on partage les tâches et on se sécurise: Je garde la clé, tu gardes l'argent ! Manger en tête à tête le soir aussi, sur une terrasse avec un verre de vin après une bonne douche fraîche, c'est un moment agréable. Par contre, quand la fatigue fait son chemin, il arrive que les petits caractères ressortent.

Voyager en groupe d'amis ? Pour certains, c'est l'invention du siècle, mais pour moi ? Je ne crois pas, je l'ai fait quelques fois, mais je trouve qu'il y a beaucoup de perte de temps: attends un, attends l'autre ! De plus, j'ai trop entendu d'histoires de voyage de roulotte qui sont en fait des voyages de terrains de camping, de bière et de feux de camp. Chacun ses goûts, moi je suis trop sauvage !

Alors le voyage en solitaire ? Je suis rendue là dans mon évolution et dans mes réflexions. Il y a quelques années, j'ai connu une dame belge, début cinquantaine, qui arrivait à Tadoussac par autobus, seule avec son sac à dos. Je trouve
ça admirable. Bien sûr, il faut être autonome et en paix avec soi-même. À Nice, l'an dernier, j'ai passé deux belles journées seule: une journée de musées des beaux-arts et au musée Masséna avec en prime un diner au mythique Negresco et une journée d'exploration pédestre du mont Boron et du quartier du port de plaisance.

Cette semaine en vacances en Montérégie, j'ai fait la même chose: marche intensive dans les quartiers historiques et visite des sentiers d'un parc nature (lac et marais). L'avantage c'est de marcher à son rythme, d'arrêter quand on le désire pour une pause, une photo, ou lire un panneau historique. Le désavantage c'est la sécurité, mais ça c'est toujours une question de dosage ou de précaution. Moi ma phobie, c'est de perdre ma clé de consigne de gare, ma mère c'était que je me casse une jambe dans le bois.

Je me suis fait un petit défi dans ma tête, je voudrais bien aller séjourner seule dans la magnifique auberge de jeunesse du Vieux-Québec. J'y suis déjà allée mais en famille. On avait beaucoup aimé ! J'ai jamais dormi seule dans un hotel ou une auberge. Je serais dûe pour passer cette nouvelle étape. Peut-être qu'ensuite je serais peu à peu mûre pour l'auberge de jeunesse du mont Boron à Nice ? :):) :)

Ce qui est important aussi en voyage, c'est de connaître le degré de confort que ça prend à chacun et son degré de mobilité: hôtel 5 étoiles, déjeuners au lit et déplacements en limo avec air conditionné ou un lit, un croissant, une douche et........ de bonnes chaussures de marche ! Devinez mon type ? lol

Jeudi, j'étais à Québec, gare du Vieux-Port dans la basse-ville, clé de consigne en poche, j'ai pris une bonne respiration et je suis partie à l'assaut de la Haute-Ville. Incroyable ce sentiment de liberté, mille fois mieux que la voiture. 30 minutes de marche intense, les mollets qui crient au secours, les poummons qui brûlent, la bouteille d'eau qui se vide mais le sourire d'un oreille à l'autre, je mets les pieds au musée de Beaux-Arts de Québec sur les Plaines et j'achète mon billet pour l'exposition sur la Haute-Couture. Ça valait la peine !

Voilà mes merrell ont repris la route ♥♥♥

mercredi 31 mars 2010

Comprendre Haïti résumé



L’histoire fut une belle passion pour moi, 6 ans d’université, à temps plein ou partiel pour finir ma maîtrise. Je croyais cette passion éteinte, mais je peux dire maintenant qu’elle dormait simplement. Toutes les lectures que j’ai faîtes pour préparer cette série de billets sur Haïti m’a vraiment comblée, j’aimerais avoir 1000 lecteurs pour partager mes découvertes et mon indignation face aux outrages subit par ce peuple depuis 400 ans et plus, soit depuis l’enlèvement du premier Africain vendu en esclavage et amené sur cette île.

En me relisant hier, je me suis malheureusement dit que j’avais fait dans le trop long. J’ai voulu réduire à l’essentiel, c’est sans doute encore trop long, alors si vous ne devez retenir qu’une chose que ce soit ceci

« La pauvreté en Haïti est considérée comme un caprice de l’histoire ou lié à la culture, alors qu’en réalité, elle est la conséquence directe d’une relation brutale avec le monde extérieur – notamment les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne – qui dure depuis des siècles. » Seumas Milne

Je vous reviendrez avec quelques autres considération, mais avec cette citation l’essentiel est dit !

Voici donc les points importants tirés de la chronologie d’hier.

1685 est édicté le Code Noir qui donnait les grandes lignes de la conduite des esclaves et des maîtres. Les dispositions pourtant sévères de ce Code furent souvent amplifiées. Aux peines capitales prévues dans certains cas, les colons ajoutèrent des sévices et mutilations. L’Africain était marqué au fer rouge, changeait de nom, abandonnait ses habitudes vestimentaires, sa culture, sa langue, sa religion, etc.

1789, à la veille de la Révolution Française, Saint-Domingue employait 500 000 esclaves noirs pour 32 000 blancs et 28 000 gens de couleurs libres (mulâtres et affranchis) La Révolution déclencha des violences en cascades. Les colons blancs réclamèrent l’autonomie, les libres de couleur réclamèrent pour leur part l’égalité réelle avec les Blancs et les noirs se prirent à espérer la liberté.

1794 suite à la Révolution le gouvernement français abolit théoriquement l'esclavage.


1798, agissant comme un gouverneur, Louverture négocie avec les Britanniques, puis impose la suprématie des Noirs sur les mulâtres au cours d’une guerre civile en 1800. C'est le début d'une lutte d'influence qui ne va plus cesser jusqu’à nos jours entre la minorité mulâtre et la majorité noire. Les mulâtres descendent des anciens affranchis (blancs du côté de leur père ou grand-père). Établis dans les villes, ils possèdent ce qui reste de richesses sur l'île et se flattent de parler français. Les Noirs descendent des anciens esclaves. Cette lutte insoluble est une des clés de l’histoire haïtienne.

1801-1802 Louverture se fait nommer gouverneur à vie tandis que Napoléon Bonaparte qui en France avait signé un arrêt secret en 1800 pour rétablir l’esclavage dans les colonies envoie une flotte de 30 000 hommes à bord de 86 vaisseaux dirigée par son propre beau-frère le général Leclerc qui a pour tâche d’accomplir cette mission !!! Pendant cette guerre, le successeur de Leclerc utilise des chiens tueurs achetés à Cuba et qui sont entraînés à chasser et manger des Noirs !!!

1804, la République d’Haïti est crée.

Mais à peine créée la République est déjà endettée : La France ne reconnaît l’indépendance du pays qu’en échange d’une indemnité de 150 millions de francs-or ! Et cela sous la menace d’une invasion militaire encore ! Cette somme payable en 5 ans représente 10 années de recette fiscale pour le pays !!!!! Un impôt spécial dut être créer pour le remboursement de la dette et même le pays du contracter un emprunt de 30 millions. Heureusement en 1838 la dette fut ramenée à 90 millions.

1847, l’instabilité politique et la violence du pays est extrême, déchiré qu’il est entre les élites mulâtres et les noires, ainsi que les intérêts personnels et la mégalomanie des dirigeants. Profitant de cette faiblesse le gouvernement allemand utilise la force militaire pour que l’état haïtien rembourse une dette envers des citoyens allemands (bel exemple d’ingérence qui est pratiquement une déclaration de guerre)

1883 devant une insurrection bourgeoise à Port-au-Prince, le président Salomon fait massacrer 4000 mulâtres. Ce triste épisode, appelé plus tard la semaine la Semaine Sanglante. Salomon reçoit un ultimatum des représentants des gouvernements français, allemand, anglais, belge, espagnol, hollandais, norvégiens, et suédois, l'informant que les forces de leur pays interviendront si le pillage et la tuerie ne cessent pas immédiatement.

1890 Après plus d’un an d’anarchie, Hyppolite prit le pouvoir. En 1891, il tint tête à la volonté des États-Unis de se faire concéder la pointe Nord-Ouest du pays : le môle Saint-Nicolas.

1897 L’État haïtien était si déconsidéré que, fin 1897, à la suite de l’emprisonnement musclé d’un résident allemand, Lüders, l’Allemagne expédia deux navires de guerre pour exiger une indemnité exorbitante de 20 000 $ et les excuses officielles du chef de l’Etat, Tirésias Simon Sam, qui dut s’exécuter !!!

1908 Profitant de la désorganisation, les compagnies américaines négocient des concessions exorbitantes pour construire des voies ferrées et développer des plantations de bananes en expropriant les paysans.

1910, la banque américaine National City achète une part importante de la banque de la République d’Haïti.

A ce moment, Les Allemands exerçaient un pouvoir économique important en Haïti, la majorité du commercer maritime était sous leur contrôle et celui de leurs alliées les mulâtres. Les Américains vont bientôt entrer en guerre contre les Allemands...

Les Américains décidèrent alors d’occuper militairement Haïti notamment pour défendre les intérêts de la banques d’affaire américaine Kuhn Loeb & co. Le président Wilson envoie donc Les Marines à Port-au-Prince. Ils débarquèrent pour occuper le pays jusqu’en 1934 !!!

1914 les USA, qui insistaient pour avoir le contrôle de la banque d’Haïti enlèveront, en plein jour, manu militari, le stock d’or du pays, soit 500 000 dollars, propriété incontestable du gouvernement Haïti.

1918 La National City Bank fut critiquée pour des pratiques déloyales, telles que le refus de payer au gouvernement d’Haïti les intérêts sur l’argent déposé sur des comptes transférés à New York. Elle se mit à payer les intérêts après 1922, mais seulement 2% au lieu de 3.5% accordé aux autres dépositaires équivalent ce qui fut évalué par certains économistes comme une perte d’un million de $ en intérêt ! Je pense qu’on peut clairement appeler cela un vol !

1934 Les troupes américaines se retirèrent, mais les USA maintiennent le contrôle sur les douanes jusqu’en 1946.


1957 à 1971, dictature de « Papa Doc » Duvalier, qui jouissait de l’appui des Etats Unis qui le voyaient comme un anti-communiste fiable.

1971 à 1986 dictature de « bébé Doc » suivit de son exil en France… avec sa fortune volée au peuple évaluée à 800 millions de $$$ Fortune que la France a refusé d’aidé Haïti à récupérer, Duvalier vivant comme un prince en France.

1994 Sous la présidence de Clinton et avec le soutien du Conseil de sécurité des Nations Unies, les États-Unis interviennent, 20 000 soldats américains débarquent en Haïti en 1994.

2003, l’opposition s’organise sous le nom de Groupe des 184. Groupe dont le leader était Apaid, homme d'affaires américano-haïtien dont le père était un supporter des présidents Duvalier et qui fut étroitement lié à sa création par l'International Republican Institute, fondation politique liée au Parti républicain et à l'administration de Bush. L'objectif de ce Groupe des 184, était d'ouvrir davantage Haïti aux capitaux des financiers et banquiers américains et contrer ceux qui s'opposeraient à cette ouverture d'Haïti aux investisseurs et industriels des États-Unis. (comme si le peuple haïtien avait besoin de ça !)

2004 Jean Bertrand Aristide finit par démissionner en 2004 sous la pression de militaires français et de marines américains, avant-garde d'une force internationale envoyée par l'ONU pour ramener l'ordre dans la capitale, la MINUSTAH.

2010 tremblement de terre catastrophique. Haïti reçoit de l’aide humanitaire… les USA largue des tonnes de GI Joe et prennent le contrôle du port… je vous laisse avec cette citation : “que les États-Unis ont organisé un blocus naval d’Haïti pour éviter un exode par voie maritime des réfugiés qui voudraient chercher refuge aux États-Unis” … “Ainsi, tandis que les pompiers gallois et les médecins cubains se sont attelés à la tâche de sauver des vies, la 82e Division aéroportée était en train de sauter en parachute dans les ruines du palais présidentiel de Haïti.” Seumas Milne

mardi 30 mars 2010

COMPRENDRE HAÏTI POUR NE PAS L'OUBLIER ENCORE #4


Depuis quelques semaines, ma vie réelle a pris des allures de tornade émotionnelle (un décès, une hospitalisation, des inquiétudes, des activités, beaucoup de fatigue, etc.). Elle m’a tenu loin de la réflexion historique, de la polémique ou de la confrontation. Comme l’écrivait si bien Zoreilles sur son blogue : « Pas le goût de refaire le monde, de dénoncer, de sensibiliser, de parler des contraintes, des obligations, pas de réflexion à ébaucher ni de questionnement sur le sort de l'humanité. Juste du bonheur. » Pour moi ce ne fut pas que le bonheur mais une kyrielle d’émotions prenantes. Le besoin demeure cependant le même, celui de partager plus sur mon monde et moins sur le Monde.

Ce matin, après avoir reçu du courrier d’une fidèle amie virtuelle, je me sens un peu recrinquée et j’ai le goût de reprendre ma série sur Haïti. Comme le faisait remarquer Une femme libre sur son blogue « on n’entend plus parler d’Haïti » et c’est vrai. Je vais donc faire ma petite part pour ne pas l’oublier.

Mon but n’a pas changé : démystifier l’histoire de ce petit pays malmené par les Grands (France, Allemagne, USA) et victime d’un héritage empoisonné celui de l’esclavage, du racisme et de la colonisation afin que notre regard ne tombe pas dans le préjugé facile et superficiel.

On peut lire les billets 1, 2 et 3 ici :
http://yadesmots.blogspot.com/2010/02/comprendre-haiti-avant-de-loublier.html
http://yadesmots.blogspot.com/2010/02/comprendre-haiti-pour-ne-pas-loublier.html
http://yadesmots.blogspot.com/2010/02/comprendre-haiti-pour-ne-pas-loublier_24.html

4- Chronologie rapide de l’histoire d’Haïti :

Ici, soyez indulgents, ce n’est qu’un survol ultra-rapides de certains événements qu’il me semblait opportun de vous rapporter.

1493 les Espagnols conquièrent l’île et soumettent les autochtones à des travaux forcés afin d’extraire l’or des mines. C’est là le premier pillage de cette terre. En moins de 25 ans les populations indiennes furent décimées par la brutalité de l’esclavage et des maladies européennes. Dès 1503, le recours aux Noirs d’Afrique est nécessaire.

1625 les Français s’installent au Nord-est puis au sud.

1665 la colonie française prend son essor.

1685 est édicté le Code Noir qui donnait les grandes lignes de la conduite des esclaves et des maîtres. Les dispositions pourtant sévères de ce Code furent souvent amplifiées. Aux peines capitales prévues dans certains cas, les colons ajoutèrent des sévices et mutilations. L’Africain était marqué au fer rouge, changeait de nom, abandonnait ses habitudes vestimentaires, sa culture, sa langue, sa religion, etc.

1700 l’Espagne abandonne ses prétentions à la possession de l’ensemble de l’île et tolère la présence française.

1777 le Traité d’Aranjuez officialise la souveraineté de la France sur le territoire appelé Saint-Domingue (futur Haïti) Les premières cultures sont le tabac et l’indigo. La traite négrière se développe et s’institutionnalise. La colonie de Saint-Domingue devint la plus riche des Antilles. Cette prospérité reposait principalement sur la culture du sucre et du café.

1789, à la veille de la Révolution Française, Saint-Domingue employait 500 000 esclaves noirs pour 32 000 blancs et 28 000 gens de couleurs libres (mulâtres et affranchis) La Révolution déclencha des violences en cascades. Les colons blancs réclamèrent l’autonomie, les libres de couleur réclamèrent pour leur part l’égalité réelle avec les Blancs et les noirs se prirent à espérer la liberté.

1791 La révolte des Noirs débute en août, plus de 1000 blancs sont égorgés et leurs habitations incendiées. Sous la conduite de leurs chefs — dont le plus important fut Toussaint Louverture (noir affranchi et lettré) — les Noirs passèrent d’une révolte à une guerre de libération en s’alliant d’abord aux Espagnols de Santo Domingo, en guerre contre la nouvelle République française.

1794: Les Anglais conquièrent Port-au-Prince.

1798, agissant comme un gouverneur, Louverture négocie avec les Britanniques, puis impose la suprématie des Noirs sur les mulâtres au cours d’une guerre civile en 1800. C'est le début d'une lutte d'influence qui ne va plus cesser jusqu’à nos jours entre la minorité mulâtre et la majorité noire. Les mulâtres descendent des anciens affranchis (blancs du côté de leur père ou grand-père). Établis dans les villes, ils possèdent ce qui reste de richesses sur l'île et se flattent de parler français. Les Noirs descendent des anciens esclaves. Cette lutte insoluble est une des clés de l’histoire haïtienne
LOuverture remet l’économie de plantation sur pied en instaurant les travaux forcés et a recours à la force pour réprimer la contestation des Noirs.

1801 Louverture se fait nommer gouverneur à vie tandis que Bonaparte qui en France avait signé un arrêt secret en 1800 pour rétablir l’esclavage dans les colonies envoie une flotte de 30 000 hommes à bord de 86 vaisseaux dirigée par son propre beau-frère le général Leclerc qui a pour tâche d’accomplir cette mission !!!
Ayant eu connaissance de cette mission, Louverture déclare la guerre d’extermination aux Français (sera-t-on surpris que la violence amène la violence ?) Les villes sont incendiées, les rivières empoisonnées.
D’abord les Noirs résistent à Leclerc, puis reculent devant la puissance de son armée.

1802 fin avril, au prix de 5000 morts et autant de malades ou de blessés, les Français tiennent la côte. Les généraux se rendent et Louverture lui-même accepte la reddition et est déporté en France. Louverture neutralisé, Leclerc désarme la population à grand renfort d’exécutions sommaires. C’est alors que certains prennent pleinement conscience de la volonté de rétablir l’esclavage. Apprenant le rétablissement de celui-ci en Guadeloupe, Alexandre Pétion (un mulâtre très instruit) donne le signal de la révolte. Entre-temps, le successeur de Leclerc utilise des chiens tueurs achetés à Cuba et qui sont entraînés à chasser et manger des Noirs !!!

1803 l’armé le général noir Dessalines provoque le massacre de la population blanche. Il redonne à Saint-Domingue son nom indien d’Haïti (Ayiti) et proclame la République en 1804.
En principe donc le peuple noir haïtien est enfin à l’abris de la servitude esclavagiste après 300 ans.

Mais à peine créée la République est déjà endettée : La France ne reconnaît l’indépendance du pays qu’en échange d’une indemnité de 150 millions de francs-or ! Cette somme payable en 5 ans représente 10 années de recette fiscale pour le pays !!!!! Un impôt spécial dut être créer pour le remboursement de la dette et même le pays du contracter un emprunt de 30 millions. Heureusement en 1838 la dette fut ramenée à 90 millions.

Dessalines prend alors le titre d’empereur, officialise le français, même si la majorité des gens parle le créole. Il confisque des terres et donne les meilleurs à ses officiers et édicte le travail forcé des cultivateurs. Le peuple reprend les armes contre cette dictature et l’empereur est tué par un de ses généraux.

1811 Le général Christophe impose son autorité par les armes et se proclame roi, établit une noblesse, édifie plusieurs palais, distribue des terres à ses proches et force les paysans à y travailler. Une mutinerie à lieu en 1812.

1816, le général mulâtre Pétion se fait nommer président à vie.
Pendant ¾ de siècle, Haïti sombra dans l’instabilité et la violence politique, déchiré entre les élites mulâtres et les noires. De plus hormis quelques exceptions, les dirigeants ne se soucient ni de la société ni de l’économie.

1847, le sénat élit un noir illettré, Soulouque, qui se révèle ambitieux et qui se fait proclamer empereur, se lance dans la répression des mulâtres et règne en despotes pendant 10 ans.
Avec Geffrard c’est une accalmie de 8 ans avent le retour de l’autoritarisme brutal qui entraîne révolte sur révolte. Plusieurs coups d’état se succèdent. L’incurie est telle qu’en juin 1872 le gouvernement allemand utilise la force militaire pour que l’état haïtien rembourse une dette envers des citoyens allemands (bel exemple d’ingérence qui est pratiquement une déclaration de guerre)

1883 devant une insurrection bourgeoise à Port-au-Prince, le président Salomon fait massacrer 4000 mulâtres. Ce triste épisode, appelé plus tard la semaine la Semaine Sanglante. Salomon reçoit un ultimatum des représentants des gouvernements français, allemand, anglais, belge, espagnol, hollandais, norvégiens, et suédois, l'informant que les forces de leur pays interviendront si le pillage et la tuerie ne cessent pas immédiatement. A midi, la ville se calme.

1890 Après plus d’un an d’anarchie, Hyppolite prit le pouvoir. En 1891, il tint tête à la volonté des États-Unis de se faire concéder la pointe Nord-Ouest du pays : le môle Saint-Nicolas. La même année, devant une sédition d’une partie de sa garde, il fit massacrer 150 personnes. En 1896, les révoltes reprirent.

1897 L’État haïtien était si déconsidéré que, fin 1897, à la suite de l’emprisonnement musclé d’un résident allemand, Lüders, l’Allemagne expédia deux navires de guerre pour exiger une indemnité exorbitante de 20 000 $ et les excuses officielles du chef de l’Etat, Tirésias Simon Sam, qui dut s’exécuter !!!

1908 Les luttes entre factions militaires reprirent. Même les opposants au pouvoir en place se déchirèrent. Un président chassait l’autre : entre 1908 et 1915, il y en aura neuf.
Profitant de la désorganisation a partir de 1908, les compagnies américaines négocient des concessions exorbitantes pour construire des voies ferrées et développer des plantations de bananes en expropriant les paysans.

1910, la banque américaine National City achète une part importante de la banque de la République d’Haïti.

A ce moment, Les Allemands exerçaient un pouvoir économique important en Haïti, la majorité du commercer maritime était sous leur contrôle et celui de leurs alliées les mulâtres. Les Américains vont bientôt entrer en guerre contre les Allemands...

Les Américains décidèrent alors d’occuper militairement Haïti notamment pour défendre les intérêts de la banques d’affaire américaine Kuhn Loeb & co. Le président Wilson envoie donc Les Marines à Port-au-Prince. Ils débarquèrent pour occuper le pays jusqu’en 1934 !!! En 6 semaines, les Etats-Unis font élire un président et font signer un traiter qui leur donne le contrôle des douanes et de l’administration. L’administrateur américain avait le pouvoir de veto sur toutes les décisions gouvernementales d’Haïti. Ainsi 40% des recettes de l’état passaient sous le contrôle direct des Etats-Unis. L’armée était dissoute au profit d’une gendarmerie dont les officiers étaient américains. Cette occupation était encore une fois une forme de colonisation.

Ajoutons à cela, que les USA, qui insistaient pour avoir le contrôle de la banque d’Haïti enlèveront le 17 décembre 1914, en plein jour, manu militari, le stock d’or du pays, soit 500 000 dollars, propriété incontestable du gouvernement Haïti.

De plus, les occupants américains étaient racistes. Cette attitude consterna en particulier l’élite mulâtre francophone et éduquée.

En 1918, le système des « corvées » forcées engendra une violente réaction populaire. Le nombre des paysans armés atteignit 40 000. Il fallut 2 ans aux Marines pour mater la révolte aux prix de 2000 morts.

Gênés par la brutalité de cette répression devant l’opinion publique et sans plus bénéficier de la justification de la guerre contre l’Allemagne, les Etats-Unis envoyèrent en 1921 une commissions d’enquête au Sénat. La National City Bank fut critiquée pour des pratiques déloyales, telles que le refus de payer au gouvernement d’Haïti les intérêts sur l’argent déposé sur des comptes transférés à New York. Elle se mit à payer les intérêts après 1922, mais seulement 2% au lieu de 3.5% accordé aux autres dépositaires équivalent ce qui fut évalué par certains économistes comme une perte d’un million de $ en intérêt ! Je pense qu’on peut clairement appeler cela un vol !

Les troupes américaines se retirèrent le 21 août 1934, mais les USA maintiennent le contrôle sur les douanes jusqu’en 1946.

1950, l’armée organisa les premières élections présidentielles au suffrage universel. La mobilisation du corps électoral fut faible, un colonel fut élu à 99% des votes.

1957, l’armée organisa encore des élections et François « Papa Doc » Duvalier fut élu.
Des le début, Papa Doc imposa une politique répressive de diverses manières. En 1961, il prononça la dissolution du Parlement. Son régime s’appuyait sur une milice paramilitaire : « Les Volontaires » connu sous le surnom de « Tontons macoutes ». Avec cette garde personnelle il neutralise l’armée, s`me la terreur dans tout le pays et parvint à étouffer toute résistance. En 1967 seulement on compte 2000 morts ! De nombreux Haïtiens prennent le chemins de l’exil.

1971 « Bébé Donc » fils de l’autre accède au pouvoir à 19 ans. Amorçant une timide libéralisation du régime, Jean-Claude Duvalier s’aliéna une partie de la classe noiriste qui avait soutenu son père en épousant une mulâtresse le 27 mai 1980. En janvier 1986, un soulèvement populaire le renverse et il s’exile en France.

1990-91 S’ensuivit alors des juntes militaires jusqu’en 1990 alors qu’il y eu des élections sous le contrôle international. Jean-Bertrand Aristide, ancien prêtre qui se fait l’avocat des pauvres, remporte la victoire. Son accession à la présidence de la République redonne un peu d'espoir au peuple haïtien. Mais, en 1991, il est renversé par une junte militaire dirigée par le général Cédras, aidé par la CIA et le gouvernement de Bush. Aristide se réfugie alors aux États-Unis. S’ensuivie le massacre de milliers de personnes. Les Nations unies décrètent un embargo. Des réfugies commencent à affluer vers les États-Unis.

1994 Sous la présidence de Clinton et avec le soutien du Conseil de sécurité des Nations Unies, les États-Unis interviennent, 20 000 soldats américains débarquent en Haïti en 1994. Cédras s’enfuie au Panama. Le président Aristide est rétabli dans ses fonctions, qu'il laisse à son proche René Préval, élu à la présidence de la République 1995. Le mandat d'Aristide touchait à sa fin et la Constitution ne l’autorisait pas à en briguer un second consécutivement. En janvier 1997, l’Unesco remet le Prix 1996 de l’éducation aux droits de l’homme à Aristide.

2000-01 Le gouvernement Préval doit faire face à une opposition constituée de ses anciens alliés. Son mandat est marqué par plusieurs assassinats politiques. Des élections législatives sont organisées en mai 2000. Aristide est proclamé vainqueur de l’élection présidentielle mais le scrutin est entaché d’irrégularités et du boycott de l’opposition. Le pays plonge à nouveau dans une situation des plus confuses. Le trafic de drogue dépasse les records atteints sous la junte militaire. Quant à la classe moyenne, elle n'apprécie pas l'ancien «petit curé», lui reprochant son caractère imprévisible et son emprise sur les masses. À partir de 2001, des groupes sans constitution officielle s'attaquent aux partisans du gouvernement. Ces derniers réagissent de la même façon. La police s'attaque aux deux parties avec violence. Aristide durcit également son pouvoir, qui devient de plus en plus autoritaire, notamment en s'appuyant sur les "chimères", des hommes de main qui terrorisent la population.

2003, l’opposition s’organise sous le nom de Groupe des 184. Groupe dont le leader était Apaid, homme d'affaires américano-haïtien dont le père était un supporter des présidents Duvalier et qui fut étroitement lié à sa création par l'International Republican Institute, fondation politique liée au Parti républicain et à l'administration de Bush. L'objectif de ce Groupe des 184, était d'ouvrir davantage Haïti aux capitaux des financiers et banquiers américains et contrer ceux qui s'opposeraient à cette ouverture d'Haïti aux investisseurs et industriels des États-Unis. (comme si le peuple haïtien avait besoin de ça !)

2004 Jean Bertrand Aristide finit par démissionner en 2004 sous la pression de militaires français et de marines américains, avant-garde d'une force internationale envoyée par l'ONU pour ramener l'ordre dans la capitale, la MINUSTAH. Peu après le départ d'Aristide, Alexandre, assure l'intérim en vertu de la Constitution. Aristide est accusé de tous les maux du pays, d'enrichissement personnel et de crimes politiques. Exilé en Afrique, il se plaint que les militaires étrangers l'ont forcé à démissionner et à partir sur leur hélicoptère.

-------------------------------------------------------------------------------------------------

Je sais pas pour vous, mais moi faire ce genre de lecture à complètement modifier ma vison de l'histoire d'Haïti...

Je vous reviens bientôt avec la suite de cette série.